On a interrogé des magistrats en colère: "Est-ce qu'on juge bien à 2h du matin parce que les audiences sont trop chargées?"

JUSTICE – « Il y a des affaires qui ne sortent pas »… Jeudi 15 février, les marches de plusieurs tribunaux à travers la France ont été envahis par des centaines de magistrats, avocats et greffiers qui appréhendent les « chantiers de la justice » de la ministre Nicole Belloubet et qui réclament plus de moyens pour accomplir leur travail. « Combien de siècles faut-il attendre pour un budget ? » ou « Tribunaux d’instance et de proximité, non à leurs suppressions! », ont notamment scandé les manifestants devant le tribunal de Grande instance de Paris.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, nous avons demandé à ces professionnels de la justice ce que signifie ce « manque de moyens » dans leur travail quotidien. Entre les audiences qui se terminent à 2h du matin, les tribunaux qui n’ont même plus de papier pour imprimer ou encore des « affaires qui ne sortent pas » en raison de l’accumulation des dossiers, les manifestants que nous avons rencontrés semblent au bout du rouleau.

Nous sommes loin du 21ème siècle au ministère de la Justice. Très, très loin. On est encore dans des méthodes du 19ème siècle, parfois.Brigitte Bruneau-Berchère, greffière et secrétaire générale adjointe de l’UNSA

En octobre dernier, la Chancellerie a lancé cinq « chantiers » de réforme: la transformation numérique, la simplification des procédures pénale et civile, l’organisation territoriale et l’efficacité des peines. Les premières propositions devraient être annoncées début mars.

Dans une tribune publiée par Le Monde le 14 février, plusieurs organisations syndicales regrettent que « la grande absente de ces chantiers est la question des moyens ». « Tout est conçu pour éviter de donner à la justice un budget à la hauteur de ses besoins, de recruter des fonctionnaires de greffe et magistrats en nombre, de financer une aide juridictionnelle propre à assurer l’égalité devant la loi, la protection des plus précaires et la garantie des droits de tous », écrivent présidents et secrétaires généraux des syndicats judiciaires.

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