Anne Hidalgo prend Emmanuel Macron à témoin pour faire taire les critiques

La maire de Paris Anne Hidalgo et le président Emmanuel Macron lors des commémorations des attentats du 13 novembre.

POLITIQUE – Embouteillages monstres, flop du nouveau Vélib’, polémique sur la sépulture de l’Académicien Michel Déon, problèmes de propreté et de rats… Attaquée sur sa gauche comme sur sa droite et tout particulièrement par les macronistes qui rêvent de lui subtiliser son trône en 2020, la maire de Paris Anne Hidalgo a lancé une grande riposte médiatique cette semaine en cherchant à se concilier le président de la République, Emmanuel Macron.

Dans une série d’entretiens accordés au quotidien chrétien La Croix, Public Sénat et BFMTV, l’édile socialiste de la capitale multiplie les réponses pour reprendre la main, deux ans avant de remettre son mandat en jeu.

Ce jeudi 15 février sur BFMTV, Anne Hidalgo a « entendu les critiques » tout en balayant les accusations de négligence. « C’est une ville dans laquelle on dépense 500 millions d’euros par an pour la nettoyer », a-t-elle affirmé en assurant que ce budget était en augmentation et que les équipes de nettoyage s’étaient « adaptées au rythme de vie des Parisiens ».

Idem sur la circulation qui, selon elle, s’améliore malgré les critiques incessantes visant la fermeture des voies sur berge et sa politique favorable aux circulations douces au détriment des véhicules motorisés. Anne Hidalgo a d’ailleurs confirmé l’instauration de la gratuité sous condition de ressources pour les personnes âgées et les handicapés dans les transports en commun.

Dans La Croix, c’est son bilan social et humanitaire que l’édile met en avant, en présentant notamment sa « Nuit de la solidarité » qui vise à recenser les sans-domicile fixe de la capitale pour apporter une réponse adaptée.

« Heureusement que tu as fais ce que tu as fais »

Si elle n’épargne pas ses adversaires, et particulièrement la droite parisienne, Anne Hidalgo prend en revanche le soin de ne pas abîmer ses relations avec le président de la République Emmanuel Macron. Après des débuts compliqués et une relation difficile forgée lors des négociations sur le travail dominical, Anne Hidalgo et l’ancien ministre de l’Economie ont su mettre de côté leurs divergences pour avancer ensemble sur un certain nombre de dossiers. A commencer par la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024.

Une paix des braves que la maire de Paris entend exploiter pour calmer les ardeurs macronistes dans la capitale. « On se voit régulièrement avec Emmanuel Macron et il m’a dit et le dit publiquement: ‘Heureusement que tu as fais ce que tu as fais sur la lutte contre la pollution à Paris parce que si tu n’avais pas fait ça on le paierait un jour en terme d’attractivité de la ville' », confie-t-elle dans l’émission « Déshabillons-les » de Public Sénat alors que plusieurs élus LREM étrillent sa stratégie « punitive » en matière de circulation.

A l’en croire, les relations sont au beau fixe avec l’Elysée, en dépit de désaccords persistants sur la gestion de la crise des migrants. Sur « tous les sujets sur lesquels on peut coopérer avec Emmanuel Macron tels que: Jeux Olympiques, lutte contre la pollution et engagement de la France et de Paris dans la révolution énergétique et écologique, tout le chantier lié au post-Brexit, faire revenir à Paris et en France des activités économiques qui montrent qu’on reprend une place en Europe, on travaille ensemble », assure-t-elle.

Sur la promesse présidentielle non-tenue de trouver un hébergement à tous les SDF d’ici la fin de l’année 2017, Anne Hidalgo se montre là encore compréhensive. « C’est un échec collectif, celui de plusieurs quinquennats. Maintenant, il faut rebondir. Cela implique de travailler tous ensemble », juge-t-elle dans La Croix. « Je pense que la bonne méthode sur ce sujet serait une alliance de l’État et des grandes villes de France. »

Les municipales se préparent déjà

Cette proximité affichée par la maire de Paris intervient à la veille d’un grand discours qu’Emmanuel Macron doit prononcer sur l’avenir du Grand Paris. Selon nos informations, le président pencherait pour un statu quo qui ménagerait Anne Hidalgo tout en bouleversant l’architecture institutionnelle de la petite couronne.

Elle intervient surtout au moment où le parti présidentiel planche sur sa stratégie en vue des élections municipales de 2020. Officiellement, rien n’est arrêté à Paris où une alliance avec la maire socialiste n’est pas exclue. Mais dans les coulisses, les têtes pensantes parisiennes de La République En Marche, qui comptent beaucoup d’anciens socialistes, ne masquent pas leur ambition de reprendre la capitale au PS. D’autant que le parti macroniste y a connu un raz-de-marée aux législatives et que la cote de popularité d’Anne Hidalgo ne cesse de faiblir.

« Il faut qu’on ait un candidat LREM. Et pour cela il faut qu’on ait un projet le plus vite possible », plaide un élu macroniste de la capitale qui voit son parti comme une « alternative » au PS. Sans exclure une alliance… après les élections.

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