Affaire Lactalis : une plainte déposée par l'association Foodwatch

« Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas ». C’est le message porté par l’association Foodwatch qui déposent plainte, avec des parents, contre Lactalis ce 14 février au pôle santé publique du parquet de Paris. L’association de consommateurs monte au créneau après le dépôt de plaintes d’une association de victimes et de l’UFC Que Choisir. L’objectif de cette action : « éviter que ce scandale sanitaire ne se solde, comme trop souvent, par l’impunité, des zones d’ombre jamais éclaircies ou une molle réaction politique », explique le collectif dans un communiqué. L’association dénonce des négligences dans l’affaire du lait contaminé Lactalis et dresse une liste de douze infractions. Celles-ci « vont de la mise sur le marché d’un produit préjudiciable à la santé à l’inexécution d’une procédure de retrait ou de rappel d’un produit, en passant par la mise en danger d’autrui, l’atteinte involontaire à l’intégrité de la personne, ou encore l’exportation vers un pays tiers à l’Union européenne d’une denrée alimentaire préjudiciable à la santé ».

Lactalis et les autorités publiques dans le collimateur de Foodwatch

L’association pointe différents acteurs dans cette affaire qu’elle juge responsables de cette contamination du lait, à l’origine d’une salmonellose chez 38 nourrissons en France.

L’entreprise Lactalis est la première à être égratignée pour « amateurisme », selon les termes de Foodwatch pour avoir racheté l’entreprise Célia en 2006, en sachant que plus de 140 nourrissons ont été contaminés par une salmonelle logée dans l’usine de Craon un an plus tôt. « Pourtant en 2017 le PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, reconnaît qu’il n’est pas exclu que des enfants aient été contaminés par la même bactérie pendant douze ans ».

La grande distribution est également mise en cause pour avoir continué à vendre des milliers de produits dangereux malgré les rappels.

Les laboratoires chargés des tests d’autocontrôles des laits Lactalis sont également dans le viseur de Foodwatch ainsi que les autorités publiques. Ces dernières ont « manqué à leurs obligations en matière de prévention des risques sanitaires, mais aussi dans la gestion particulièrement défaillante de cette crise alimentaire majeure », estime l’association.

Signe que le volet judiciaire de cette affaire ne fait que commencer, l’association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS), devrait déposer jeudi 15 février, 30 plaintes supplémentaires contre Lactalis et des enseignes de la grande distribution avec le même mot d’ordre que Foodwatch : plus de transparence. « Nous voulons que justice soit faite. Trop de questions restent sans réponse », demande Quentin Guillemain, président de l’association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS).

Le scandale #Lactalis vu par @Unpied. Malgré les rappels officiels, des distributeurs ont vendu des produits potentiellement contaminés, au mépris de la loi et de la santé des nourrissons. Ils doivent nous rendre des comptes. Signez notre pétition : https://t.co/eZLK6B8Z7D pic.twitter.com/c9tObMQpqW

— foodwatch France (@foodwatch_fr) January 12, 2018

Affaire #Lactalis, nous portons plainte avec des parents auj. : 12 infractions et 4 cibles. L’objectif : éviter que ce scandale sanitaire ne se solde, comme trop souvent, par l’impunité, des zones d’ombre jamais éclaircies ou une molle réaction politique. https://t.co/FCBb8tkhvN pic.twitter.com/8HYx9ptfcC

— foodwatch France (@foodwatch_fr) February 14, 2018

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