Avec les plans sociaux chez Castorama-Brico Dépôt et Pages Jaunes, déjà 6000 suppressions d'emplois sous l'ère Macron

Avec les plans sociaux chez Castorama-Brico Dépôt et Pages Jaunes, la barre des 6000 suppressions d'emplois a été atteinte sous le quinquennat de Macron

ECONOMIE – Comme preuve de la bonne santé de l’économie française, on a vu mieux. Depuis le début de l’année 2018, les annonces de suppressions de postes au sein de grandes entreprises françaises sont fréquentes, quels que soient leurs secteurs d’activités.

Carrefour pour la grande distribution, Nestlé pour l’agroalimentaire, Pimkie pour le prêt-à-porter, auxquels se sont ajoutés ce mardi 13 février le groupe propriétaire de Pages Jaunes et Mappy et les enseignes de bricolage Castorama et Brico Dépôt.

Alors que le chômage n’en finit plus de prendre son temps pour afficher une baisse franche, l’accumulation de ces mauvaises nouvelles risquent à la longue de miner la crédibilité des réformes « macroniennes ».

Voici la liste des sept projets de suppression de poste qui ont marqué le début du quinquennat.

  • Castorama et Brico Dépôt: 409 suppressions, 102 créations, transfert de 164 postes, soit 143 suppressions nettes.

Les deux enseignes sont des filiales du groupe anglais Kingfisher, qui emploie 20.000 employés en France. Chez Castorama, ce sont 321 postes qui sont menacés et 88 chez Brico Dépôt. Dans son communiqué, le groupe a justifié ses suppressions d’emplois par la mise en place d’un « plan de transformation » destiné à « restaurer la compétitivité » des enseignes. En septembre, Kingfisher a aussi annoncé un recul de 8,1% de son bénéfice net au premier semestre, à 332 millions d’euros.

Parallèlement à ces suppressions, la direction a annoncé la création de 102 postes et le transfert de 164 autres « à condition d’emplois équivalentes ». Mais cette petite compensation n’a pas calmé les syndicats, qui ont dénoncé une décision  » intolérable », qui donne toujours « plus de dividendes aux actionnaires ».

  • SoLocal Goup (PagesJaunes, Mappy): 1000 suppressions et une centaine de créations, soit 900 suppressions nettes.

Le groupe SoLocal, héritier des annuaires téléphoniques PagesJaunes, a annoncé la suppression de 1000 postes sur près de 4500, sur la période 2018-2019, dont 800 dès cette année. Ces suppressions de postes s’effectueront dans un premier temps via des départs volontaires puis, si nécessaire, par des départs contraints, a précisé le directeur général du groupe.

Une moitié des suppressions de postes viserait les commerciaux, responsables commerciaux et directeurs des ventes. Sur les 19 agences implantées actuellement en province, seules quatre seraient conservées.

Le groupe a annoncé en même temps la création d’une centaine de poste sur « de nouvelles compétences » dans le numérique. Mais les syndicats ont dénoncé une « réorganisation extrêmement violente », qui touche « tous les services ».

  • PSA: 1300 ruptures conventionnelles (et autant de nouveaux CDI)

C’est l’une des premières entreprises françaises à avoir mis en application cette disposition de la réforme du code du travail. 1300 ruptures conventionnelles collectives ont été présentées par le constructeur automobile français et validées par une majorité de syndicats mi-janvier. 900 cessations d’activité de séniors sont également prévus.

Parallèlement, le groupe s’est engagé à recruter « plus de 1300 » CDI et « au moins 2000 » apprentis en 2018.

  • Pimkie: plus de 200 postes supprimés, 37 fermetures de magasins

Début janvier, la direction a annoncé son souhait de fermer 37 magasins Pimkie en trois ans, sur 321 en France, et la suppression à court terme de 83 emplois en magasins, 41 en logistique, 53 au siège international et 31 au siège pour la France, à Neuville-en-Ferrain (Nord). Un total de 208 que la CGT conteste, parlant plutôt de 291 postes menacés.

  • Carrefour: au moins 2400 suppressions de postes

Fin janvier, l’enseigne de distribution a annoncé la suppression de 2400 postes dans les fonctions administratives en France, qui comptent actuellement 10.500 salariés sur 12 sites. Leur taille est « démesurée » par rapport à la concurrence, a estimé le PDG du groupe Alexandre Bompard.

Carrefour va également se séparer de 273 magasins de proximité anciennement Dia passés sous sa propre enseigne, qui emploient 2100 personnes mais affichent d’importantes pertes. Le distributeur espère trouver des repreneurs et, pour les magasins qui fermeront, Alexandre Bompard veut proposer « au moins » à la moitié des collaborateurs des « offres attractives » de reclassement.

Les syndicats redoutent de leur côté une suppression de poste à bien plus grande échelle, de l’ordre de 10.000 emplois concernés selon la CGT.

  • Nestlé: 400 suppressions de postes en France

Nestlé France a annoncé le 26 janvier la suppression d’environ 400 postes dans ses services administratifs au cours des trois prochaines années. Le groupe s’engage à proposer un reclassement à tous les salariés concernés. « Chacun se verra proposer un poste » dans l’entreprise, a déclaré à Pierre-Alexandre Teulié, l’un des directeurs généraux de Nestlé France, qui emploie au total environ 13.000 personnes.

La filiale française du géant agroalimentaire suisse va notamment « lever le pied sur les embauches » pour parvenir à proposer un reclassement aux personnes concernées, a ajouté Pierre-Alexandre Teulié. « Nous voulons gérer cette transformation sans licenciements », a-t-il insisté.

  • Gemalto: 288 suppressions de poste dans les Bouches-du-Rhône et les Hauts-de-Seine

Le 30 novembre, Gemalto avait annoncé la suppression de 288 emplois en France, soit près de 10% des effectifs dans l’Hexagone, en raison de difficultés sur ses marchés historiques des cartes SIM et des cartes bancaires à puce.

Ces suppressions d’emplois concernent les sites de Gémenos et La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, ainsi que celui de Meudon dans les Hauts-de-Seine, avec « 262 licenciements potentiels maximum » et une trentaine de reclassements envisagés, avait alors précisé une porte-parole du groupe.

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